Les messages lors de la marche pour la lutte contre la corruption à Antsirabe.

A Madagascar, après une semaine d’activités mobilisant les différents acteurs dans la lutte contre la corruption , la cérémonie officielle de célébration de la journée internationale de lutte contre la corruption s’est tenue à Antsirabe, la capitale de la région Vakinakaratra.  La “mobilisation de toutes les entités à la Lutte Contre la Corruption, pour un développement humain durable ” a guidé toutes les activités.

Les autorités nationales et locales, des représentants des partenaires techniques et financiers, les agents des services publics et les jeunes d’Antsirabe ont été représentés et participé au grand carnaval de témoignage d’engagement à la lutte contre la corruption au cœur de la ville d’Antsirabe. Des artistes locaux ont contribué à l’animation de la cérémonie officielle de la place de la Tranompokonolona marquée par les discours des représentants des parties prenantes à la lutte contre la corruption.

« Cette année, la célébration est symbolique étant célébrée entre les deux tours de la présidentielle à Madagascar. Cette élection présidentielle déterminera l’avenir de Madagascar avec un espoir pour tous les citoyens, de vivre dans une nation intègre et probe où règne la bonne gouvernance, pilier d’un développement harmonieux et durable » déclare le Directeur Général du BIANCO Jean Louis Andriamifidy, tout en soulignant que le score de Madagascar sur l’indice de perception de la corruption n’a cessé de régresser, depuis trois ans maintenant[1]. En 2017, selon l’IPC de Transparency International, Madagascar a perdu 10 places avec un score de 24 points contre 26 en 2016 et est actuellement relégué au 155ème rang sur 180 pays. « Rien n’est perdu et l’espoir est encore permis, si chacun d’entre nous se décide vraiment à mettre la main à la pâte, à prendre ses responsabilités et à combattre réellement la corruption, chacun à son niveau respectif » souligne-t-il.

Le message du Secrétaire Général de l’ONU M. Antonio Guterres à l’occasion de la cette journée de lutte contre la corruption attire d’ailleurs l’attention internationale sur les enjeux des élections pour les populations.  « Pour les millions de personnes qui se sont rendues aux urnes cette année partout dans le monde, la lutte contre la corruption était au premier rang des priorités. À l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre la corruption, mobilisons-nous pour l’intégrité » encourage-t-il dans son message rapporté par Moussa Batraki, Conseiller en Gouvernance du PNUD.

Dans le discours de son conseiller en gouvernance, le PNUD rappelle d’ailleurs qu’une des conditions nécessaires à l’atteinte de l’objectif de la Stratégie Nationale voulant faire de Madagascar « à l’horizon 2025, un Etat de droit libéré de la corruption » est un engagement politique fort et continu ainsi qu’une volonté de chacun à changer de comportement. « Aujourd’hui encore, nous soutenons que si nous voulons aider l’Etat malgache à renforcer la confiance des citoyens, l’investissement le plus important reste celui qu’il faut continuer de faire dans la lutte contre la corruption. » plaide-t-il.

Le PNUD, grâce à un projet financé par le Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix, a intensifié son appui à la lutte contre la corruption à Madagascar en contribuant à la mise en place et à l’opérationnalisation du Pôle Anti-Corruption (PAC) d’Antananarivo et de la Direction de Coordination Nationale des PACs. Ces juridictions spécialisées dans les affaires de corruption et d’infractions économiques et financières sont nécessaires pour fermer la boucle des enquêtes menées par les officiers de la police judiciaire du BIANCO.

Avec d’autres partenaires techniques et financiers tels que l’Union Européenne, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, mais également la France, les Etats Unis le Japon et l’Allemagne, des initiatives clés et stratégiques du BIANCO, du SAMIFIN et du Conseil pour le Sauvegarde de I ’Intégrité comme la vulgarisation de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption (SNLCC) ont été soutenues.  Le PNUD soutiendra également la mise en place du PAC de Tamatave et celui de Fianarantsoa l’an prochain.

A Madagascar, une matrice d’engagements mutuels en matière de lutte contre la corruption élaborée par le Gouvernement de Madagascar et ses partenaires dans le cadre du Groupe de Dialogue Stratégique (GDS) est disponible. Celle-ci est suivie régulièrement par la plateforme de coordination sur l’Etat de Droit sous la coprésidence du Ministère de la Justice et de l’Ambassade de France à Madagascar pour faire avancer l’agenda de la lutte contre la corruption au pays.

L’adoption de la loi sur le recouvrement des avoirs illicites et de la loi sur le terrorisme et le blanchiment d’argent constituera également de nouveaux pas conséquents dans la lutte contre la corruption dans la Grande Ile. La Ministre de la Justice Noro Vololona Harimisa a d’ailleurs réitéré son engagement à soutenir ces deux projets de lois auprès du Parlement tout en encourageant à davantage d’efforts pour lutter contre la corruption. « Peu importe la durée d’un mandat et les responsabilités qu’on nous confie, osons nous lever contre la corruption et pour l’intégrité, nos actions vont toujours inspirer d’autres » déclare-t-elle dans son discours tout en insistant que son département reste intransigeant quant au respect des lois et la culture de l’intégrité.

A l’initiative du Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO), avec la mobilisation d’un comité local d’organisation conduit par la préfecture d’Antsirabe et la région de Vakinakaratra, l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), les activités de cette célébration de la journée internationale de lutte contre la corruption ont déjà commencé depuis lundi. Les services publics clés de la région Vakinakaratra dont la Région, la Préfecture, les services fonciers, les douanes, la justice, la police, la JIRAMA ont ouvert leurs portes au public pour cette semaine de la lutte contre la corruption afin de démystifier leurs mandats et faire connaître en toute transparence totale les procédures mises en œuvre. Des standards de service ont été mis en place au sein de ces institutions dont l’affichage d’un plan de masse du département à l’entrée  avec les numéros des portes, le port de badge  avec le nom, la fonction et le matricule de l’agent, les indicatifs de portes comprenant le nom, le titre et la photo de chaque responsable , affichage des tarifs s’il y en a quelques chose à payer, l’affichage des procédures, l’établissement de mécanisme en place pour collecter les doléances suggestions de la population  comme la  boite de doléance.  Les usagers peuvent ainsi s’informer facilement sur les procédures en vigueur grâce aux dotations de panneau d’affichage du BIANCO avec l’appui du PNUD. Plusieurs animations et sensibilisations ont été également organisées à travers les médias et les conférences thématiques. La « semaine anti-corruption » se terminera ce dimanche a Antsirabe mais les standards de service établis misant sur la transparence resteront.

 

 

 

[1] IPC  de Madagascar : en  2015 : 28/100 avec un classement de 123e /168 pays ; en  2016 : 26/100 rang :145e /176  et en 2017 : 24/100 rang :  155e /180

 

 

 

 

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