Discours de Mme Samoura à la cérémonie d’ouverture de l’atelier d’échanges d’expériences et de bonnes pratiques de l’administration électorale en vue de la mise en place 
de l’organe de gestion des élections de la IVème République

04 août 2014

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Madame la Présidente de la CENI-T,

Mesdames et Messieurs les Commissaires électoraux nationaux,

Mesdames et Messieurs les facilitateurs du Réseau des Compétences Electorales Francophones,

Honorables invités,

Chers participants,

Mesdames et Messieurs,


Avant tout propos, permettez moi de saluer l'initiative de la CENIT de tenir au cours des trois prochains jours l'atelier d’échanges d’expériences et de bonnes pratiques de l’administration électorale en vue de la mise en place de l’organe de gestion des élections à Madagascar. 


Je voudrais par ailleurs au nom du Programme des Nations unies pour le développement et de l’ensemble des partenaires d’appui aux élections à Madagascar, exprimer mes sincères remerciements à Madame la Présidente de la CENIT, pour nous avoir associés, une fois de plus à  cette démarche dont l'objectif est de capitaliser les expériences électorales, en tenant compte des leçons apprises des divers processus électoraux menés à Madagascar, des appuis multi-sectoriels que la Grande Ile a reçus dans le domaine des élections et enfin des compétences et connaissances disponibles au niveau régional et international. 


Les enjeux de cet atelier sont d’autant plus importants pour Madagascar et sa population qu'il ambitionne au delà des enseignements que les uns et les autres vont en tirer,  d'instaurer une nouvelle manière de promouvoir  la démocratie, mais surtout de rompre avec le passé politique du pays qui pendant trop longtemps à corrélé processus électoral et crise socio-politique.


Madame la Présidente,

Les Nations Unies sont honorées de pouvoir apporter leur appui, leurs connaissances et leurs compétences pour enrichir les échanges de cet atelier dont les résultats permettront au gouvernement de Madagascar de mettre en place un organe pérenne chargé de la gestion des élections et de permettre au pays d’organiser, à l'instar des scrutins d'octobre et décembre 2013,  des élections crédibles et inclusives.


Mesdames et Messieurs,

Les efforts conjoints que nous avons menés pour préparer les élections de sortie de crise à Madagascar ont démontré que la tenue d'un scrutin crédible, juste et transparent n’est pas une simple vue de l'esprit pour la Grande Île, mais une réalité. Les observateurs électoraux nationaux et internationaux présents à Madagascar ont à l'unanimité loué le professionnalisme de la CENIT, la maturité politique de la population malgache et véhiculé un message fort à travers le monde. Il a en effet été reconnu  que l’exemple malgache en matière d'élections de sortie de crise apaisées, constituait l'un des "success stories" électoraux en Afrique et dans le monde et, depuis,  la CENIT est systématiquement invitée par les  instances internationales pour partager les bonnes pratiques en matière de processus électoral. Ça a  été le cas  lors de l’atelier sur le renforcement de la crédibilité et de l'acceptation des processus électoraux tenu au mois d’Avril dernier en Jordanie avec l’appui du Groupe de travail des Nations Unies et de l'Union Européenne, mais aussi lors des élections législatives et de proximité en Guinee Bissau et au Canada. 


Mesdames et messieurs les PTF,

Sans votre engagement auprès de la Cenit,  votre solidarité envers le peuple malgache et votre intime conviction que Madagascar était capable de rejoindre le camps des états démocratiques, la Cenit à elle seule n'aurait pas pu relever le défi des élections libres, apaisées, inclusives et crédibles. Les Malgaches peuvent être fiers de la CENI-T, comme nous autres pouvons à notre tour être fiers d'avoir contribué à ce succès.


Cette expérience commune constitue une autre illustration que la voie de la démocratie passe par les élections et confirme qu’une élection crédible et acceptée par tous dépend entre autre de la légitimité de l’organe de gestion des élections et de sa compétence. L'intégrité du droit de suffrage dépend des autorités indépendantes des partis politiques responsables, des OSC rodées aux principes d'intégrité et de recevabilité, d'une presse professionnelles et maîtrisant les exigences déontologiques du métier, des force de sécurité neutres et républicaines, un électorat conscient de son pouvoir et exigeant en matière de normes et standards internationaux. 


En effet,  la confiance de l’électorat au processus électoral est un socle garantissant l'inclusivité, l'exhaustivité  et la qualité de la participation.



Mesdames et Messieurs,


Certes, nous sortons d’un processus électoral qui a été salué par l’ensemble des missions d'observations, mais nous restons  convaincus que le système électoral malgache est encore perfectible. La manière dont les organes de gestion des élections sont constitués,  institutionnalisés, dirigés, dotés en ressources matérielles et financières  restent une préoccupation importante et fait l’objet de suivi dans les réformes constitutionnelles qui ont accompagné la deuxième vague de démocratisation en Afrique.


Des élections gérées par le gouvernement à travers le Ministère de l’Intérieur, en passant par des élections confiées à un conseil national électoral puis à une commission électorale nationale indépendante, Madagascar a lui même appréhendé la nécessité de doter les organes de gestion des élections de plus d’indépendance légale et institutionnelle telle que préconisée par ces réformes. Le degré de performance des organes de gestion des élections, leur contribution à une participation citoyenne de qualité ainsi que les moyens de financer le processus électoral sont autant des points essentiels à discuter au cours de ces trois prochains jours.



Mesdames et Messieurs,

Le travail qui nous incombe  au cours du présent atelier est d’une importance capitale. Il s'agit de consolider une démocratie naissante, de rompre avec les crises socio-politique récurrentes, d'asseoir les bases d'un développement humain durable et de faire en sorte que Madagascar, dans un futur que nous souhaitons très proche, puisse rejoindre le rang des pays émargeants dans  une sous-région ou 80 pourcent des états membres sont  passés du statut de PMA au statut de Pays à Revenus Intermédiaires au cours des dix dernières années, et qui aujourd'hui affichent fièrement un des  taux de croissance économique les plus élevés au monde.  


Nous allons explorer toutes les pistes susceptibles de nous mener  vers un modèle de démocratie et de développement harmonieux et plus égalitaire, en nous  inspirant des expériences nationales passées, de celles plus récentes de la CENIT, des bonnes pratiques internationales en les adaptant au contexte malgache,  aux fins de contribuer à la mise en place d'un organisme de gestion des élections fiables, crédibles et consensuelles à Madagascar.


Et si nous y arrivons, Mesdames et Messieurs, grâce à nous tous ici présents, nous pourrons dire un jour que nous avons permis d’enrayer le caractère contestable des instruments électoraux qui rendaient possibles fraudes et manipulations en ce sens que nous aurons contribué à établir un climat propice au développement et probablement aidé Madagascar à écrire une nouvelle page dans la construction de la gouvernance démocratique.


Nous avons  la certitude que les institutions électorales et les services techniques malgaches travailleront de concert et de façon professionnelle à l’amélioration de ces instruments électoraux  afin d’accroître l’engouement des citoyens à exprimer leurs préférences politiques. 



Mesdames et messieurs

Pour conclure, je voudrais adresser mes vifs remerciements aux équipes de la CENI-T et du PNUD pour tous les efforts déployés dans la préparation et l’organisation matérielle du présent atelier. Mes remerciements s’adressent également à chacun de vous pour avoir accepté de bousculer vos agendas afin de prendre part à cet atelier de réflexion. Votre présence et votre participation active aux trois jours d’échanges constituent le gage de la qualité des recommandations qui seront formulées  au terme de nos travaux.



C’est sur cette note d’espoir que je vous souhaite à tous, plein succès dans vos échanges.


Mesdames et Messieurs,


Vive la coopération internationale,


Je vous remercie de votre aimable  attention.