Discours de Madame Fatma Samoura, Coordinatrice Résidente du Système des Nations Unies à Madagascar et Représentante Résidente du PNUD, à l’occasion du lancement du Rapport d’enquête de suivi des OMD

24 févr. 2014

(liste protocolaire)

Je souhaiterais avant  tout propos  vous exprimer ma profonde gratitude pour votre présence aujourd’hui parmi nous, à l’occasion de la cérémonie de présentation officielle du rapport de l’enquête nationale sur les  OMD à Madagascar.

Monsieur  le Président de la République,
Nous sommes honorés de vous voir participer à cette cérémonie, en dépit de votre agenda que nous savons très chargé.

Mesdames et Messieurs,
Cette cérémonie de présentation officielle  du Rapport de l’enquête nationale  sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement arrive à  bon escient, au moment où Madagascar vient de franchir une étape décisive vers la sortie d’une longue crise avec des élections présidentielles et législatives qualifiées de justes, crédibles et apaisées par l'ensemble des missions d'observation électorale  et  s'apprête à finaliser ses stratégies et programmes pour la relance de l'économie et la lutte contre la pauvreté,  et requiert une base de références fiables et un outil d’aide à la décision et à la programmation.

Aussi, c’est un insigne honneur pour l’ensemble du Système des Nations Unies et pour moi d’être au côté de nos partenaires malagasy   pour lancer avec eux et les autres acteurs du développement, le rapport de l’enquête de suivi des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Le système des Nations Unies a toujours considéré les personnes comme la vraie richesse des Nations et que le processus de développement humain consistait dans «l’élargissement des choix et des capacités des individus », afin qu’ils puissent avoir la liberté et l’opportunité de jouir d’une bonne santé, d’être éduqués et de profiter d’un niveau de vie décent. Le SNU a également souligné que le développement humain et le bien-être vont bien au-delà de ces trois dimensions pour englober une gamme bien plus large de capacité incluant les libertés politiques et les droits de l’homme. C’est ce  paradigme du développement humain qui a nourri l'avènement de la Déclaration du Millénaire et des Objectifs du Millénaire pour le développement. En  retour, les Objectifs du Millénaire pour le développement ont permis de définir et de quantifier certaines priorités essentielles du développement humain.

C’est donc avec un intérêt renouvelé que nous allons évoquer les indicateurs de progrès sur le chemin  des OMD avec l’ensemble des acteurs du développement.

Derrière les OMD, il y a des hommes, des femmes, des jeunes que chacun d’entre nous rencontre et avec qui on discute au gré des périples de nos missions dans les villes et les campagnes de la Grande Ile, et qui aspirent à une amélioration de leurs conditions de vie.

En effet,
-    Quel père ou mère  de famille ne souhaite pas subvenir convenablement aux besoins des siens, faire manger convenablement sa famille tous les jours ?
-    Qui ne souhaite pas voir son enfant,  fille ou garçon, bien lire, écrire et compter ?
-    Quel  jeune  ne souhaite pas aller à l’école et apprendre pour être demain un  acteur du développement de son  pays, une fierté de sa  famille ?
-    Qui n’aspire pas à ce que chaque  fille et chaque garçon  puisse avoir les mêmes opportunités dans la vie, qu’il n’y ait pas de discrimination basée sur le genre dans la société, en ville comme dans la campagne ?
-    Qui ne souhaite pas voir un enfant, une femme, une sœur, son voisin  bénéficiant  de services de santé et pris en charge face  au paludisme, la tuberculose ou le Sida ?
-    Qui ne voudrait pas  pouvoir respirer plus souvent l’air frais et bénéficier des avantages que donne un environnement sain et protégé ?
-    Et quid  des valeurs d’entraide, de coopération pour un commun progrès et une société plus juste et équitable ?

Les  Objectifs du Millénaire pour le Développement ne sont autres que la traduction en plan et cadre bien établis de ces rêves, ces souhaits, ces aspirations légitimes et universelles  de chaque  citoyen, les éléments minima du quotidien que chaque personne souhaite vivre. A l’instar de 188 autres Etats membres des Nations Unies et au même titre que les institutions internationales  travaillant pour le développement, Madagascar a adhéré à ces objectifs et s’est donné comme défi de les atteindre d’ici 2015.

A moins de deux ans de la date butoir de 2015, les résultats de l’enquête OMD dressent l’état des lieux du pays en matière de sécurité alimentaire, de nutrition,  de santé maternelle, de mortalité infantile, d’éducation et alphabétisation, de droits humains, d’équité de genre, d’environnement et de lutte contre la pauvreté.

Au vu des informations collectées et analysées lors de l’enquête, la situation du développement dans toutes ses dimensions reste préoccupante. Madagascar est loin de ses objectifs de développement  pour 2015.  Certains facteurs importants ont agi sur cette situation, notamment la crise économique mondiale et  la crise sociopolitique qui a duré cinq ans. Toutefois, une analyse approfondie de la situation montre surtout que Madagascar fait face  à des problèmes structurels, notamment de visions et de gouvernance (politique, économique, et environnementale),  qui ne lui ont pas permis de relever les principaux défis et de mieux exploiter les opportunités de développement.  Il s’agit désormais d’élaborer et mettre en œuvre des politiques et stratégies pour que Madagascar se rapproche des objectifs du millénaire pour le développement d’ici 2015 dans le cadre d’un élan collectif de tous les acteurs du développement.

Excellences, Mesdames, Messieurs
Le caractère unique de l’enquête sur les OMD réside dans le fait qu’elle met à disposition des décideurs et de chacun une base de données unique et spécifique aussi bien en variables économiques que sociodémographiques. Aussi, les résultats de l’enquête sont une source d’informations statistiques  qui permettront de satisfaire les besoins des administrations, du secteurs privé, des OSC, des régions, partenaires techniques et financiers, et d’autres acteurs de développement.  L’enquête  permet  d’avoir une vue d’ensemble de la situation des OMD au niveau national mais également selon les milieux (urbain, rural) et les régions. L’enquête réalisée par l’INSTAT, avec le FNUAP qui a piloté cet exercice ardu et vital pour le pays, a permis  la mobilisation de moyens financiers et humains exceptionnels, notamment plusieurs secteurs de l’administration nationale et des régions depuis la conception jusqu’à la publication. Elle  a été financée par plusieurs partenaires techniques et financiers dont UNFPA, le PNUD, l’UNICEF, le PAM, UN Women, la Banque Mondiale et la BAD. Toutes les agences du système des Nations Unies et leurs partenaires ont contribué  à la  validation des données.

Aussi voudrais-je saisir cette occasion pour remercier et féliciter le gouvernement malagasy et les partenaires pour cette initiative, et saluer les performances exceptionnelles de l’INSTAT  de Madagascar et du UNFPA.  Nous pouvons même dire que la publication ce jour de ce rapport d’enquête sur les OMD est un exemple d’une collaboration réussie entre les acteurs de développement du pays. Je voudrais également remercier les citoyens et les ménages qui ont bien voulu consacrer leur temps à répondre aux questions de cette enquête et qui attendent que les résultats permettent de réorienter les politiques publiques pour une amélioration des conditions de vie de la grande majorité de la population.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
En ce qui concerne le SNU, nous sommes confiants que Madagascar, avec la mise en place actuelle des différentes institutions de la quatrième république, aspire véritablement au changement transformationnel et est prêt à intensifier plus que jamais l’action contre la pauvreté extrême et la faim, l’action pour une éducation pour tous et de meilleures opportunités d’emplois, l’action pour une santé pour tous, l’action pour un environnement sain et que tous les partenaires et acteurs de développement ici présents sont prêts à soutenir ces actions pour le développement dans le cadre d’un programme d’urgence.

Certes, il sera difficile pour Madagascar d’être au rendez-vous de 2015. Mais, comme l’ont fait d’autres pays,  notamment avec l’appui de l’ensemble des acteurs du développement, les résultats de l’enquête  offrent une unique opportunité  pour que  nous analysions  ensemble les contraintes spécifiques et identifions les priorités d’actions pour  la réalisation et l’accélération des progrès vers chacun des OMD d’ici 2015. Parallèlement,  nous devons   lancer  ensemble la réflexion sur les objectifs de développement durable (ODD) au-delà de 2015.

Aussi, voudrais-je réitérer l’engagement du Système Nations unies  à soutenir les efforts du  pays et à mettre à sa disposition son expertise et un outil dénommé « Cadre d’accélération des OMD » qui nous permettront d’apporter ensemble des réponses urgentes  aux défis des OMD  à Madagascar et contribuer  à l’amélioration des conditions de vie de la grande majorité de la population. Cet appui pourra s’inscrire dans le cadre de la préparation du programme national de croissance inclusive et de lutte contre la pauvreté, dont l’Etat de droit, la promotion de l’agriculture et des services sociaux de base, l’amélioration de la gouvernance  et de l’environnement du secteur privé et la mobilisation des ressources internes et externes ne seront que quelques composantes. Le succès d’une telle initiative dépendra en partie du leadership des nouvelles autorités, et de l’engagement continu de l’ensemble des acteurs du développement.

Excellences, Mesdames, Messieurs,
Je voudrais au nom du SNU réitérer notre confiance  qu’ensemble, Madagascar  peut relever le défi collectif de l’accélération des progrès vers les OMD d’ici 2015 et au-delà. Des pays ont réussi en quelques années à inverser des tendances lourdes des OMD grâce à une  bonne vision, un engagement  politique fort, une stabilité des institutions et la mise en œuvre d’un programme d’actions prioritaires axé sur des résultats.  Aussi, je formule le souhait que sur la base des résultats de l’enquête sur les OMD, nous puissions rapidement mettre en place avec le nouveau Gouvernement et les autres acteurs du développement ce cadre de partenariat pour l’accélération des OMD à Madagascar.  C’est un devoir et une responsabilité collective afin que Madagascar se rapproche d’avantage des objectifs du Millénaires d’ici 2015 et que les générations à venir héritent  de meilleures conditions  de vie dans la Grande Ile, dont l’énorme potentiel de développement n’est plus à démontrer.
 
Excellence Monsieur le Président de la République,
Distingués invités
Mesdames et Messieurs,
 
Je vous remercie de votre attention.