Discours de Mme Samoura à l'occasion de l'atelier de renforcement des capacités des femmes candidates aux législatives sur le cadre juridique et les médias

20 nov. 2013

(liste protocolaire)

Je voudrais, avant toute chose, saisir l’occasion qui m’est offerte d'etre parmi vous ce matin, pour vous exprimer toute ma gratitude pour avoir bien voulu sacrifier de votre temps afin de prendre part aux travaux du présent atelier. Votre présence dans cette salle témoigne, s’il en était encore besoin, de l’importance que nous attachons tous au rôle que la femme malgache est appelée a jouer dans la gouvernance démocratique en général et la vie politique de cette partie de la Grande ile en particulier.



A l’instar d’autres pays africains, les femmes malgaches continuer a rencontrer des obstacles à leur participation dans la vie politique. Un domaine qui est considéré jusqu’à nos jours comme la chasse gardée des hommes.



Avec 26% de femmes au Gouvernement de la Transition, 17% au niveau du Congrès de la Transition, 12% au niveau du Conseil Supérieur de la Transition et 4% de femmes maires, l’heure est venue pour les femmes malgaches de retrouver la place qui leur revient dans les postes de prise de décision et dans l'administration de la chose publique.
En effet, il serait inimaginable de parler de développement durable si celles-là même qui sont artisanes de ce développement ne font pas partie de celles qui prennent les lois, élaborent les stratégies de développement et veillent a leur exécution.



Chères candidates,



A 30 jours du scrutin présidentiel du second tour couplé aux élections législatives, de multiples défis vont se dresser devant vous pour limiter vos possibilités d’être élues. La connaissance des textes juridiques sur le processus électoral, ainsi que les droits et obligations contenus dans ces textes est un impératif pour tout candidat au poste d'elu et l'atelier qui démarre ces travaux ce matin et une occasion de combler le déficit de connaissance puisque vous ambitionner de relever les défis majeurs qui jusqu'ici entravent votre représentation en politique.

A ces obstacles de méconnaissance de vos droits et obligations s’ajoute le caractère souvent discriminatoire de la couverture que les médias font souvent de la campagne électorale. Les médias tendent sans s'en rendre compte a minimiser la visibilité des femmes candidates et utilisent des stéréotypes de genre qui renforcent une image ancrée dans les rôles traditionnels et le statut familial des femmes, au lieu de montrer leurs qualités en tant que femmes en politique et pilier du développement. Les médias ne sont pas vos ennemis, bien au contraire ils sont la pour vous accompagner dans vos projets pour vous donner plus de visibilité mais il vous appartient d'en saisir l'opportunité. Aussi, j’espère qu’à la fin de cet atelier, vous aurez l’occasion de rencontrer les femmes journalistes pour créer des synergies et un réseau solide entre vous.



Chers participants,



Cet atelier qui se déroule dans les autres provinces du pays, réunit d’autres femmes candidates comme vous. C’est un cadre d’échange qui vous est offert pour vous permettre d’avoir les connaissances nécessaires pour faire face aux défis de la campagne électorale. Les organisateurs de cet atelier, à savoir le Programme des Nations Unies pour le Développement dans le cadre du Projet d’Appui au Cycle Electoral 2012-2014, la Commission Electorale Nationale Indépendante pour la Transition et la Plateforme des femmes en politique de l’Océan Indien (FPOI) souhaitent partager avec vous les différentes thématiques liés au cadre juridique qui régit les élections à Madagascar mais aussi dans le contexte international.

Je vous souhaite plein succès dans vos travaux et des échanges fructueux qui, j'en suis sure, seront a la hauteur de vos attentes. Vive la coopération internationale.
Je vous remercie de votre aimable attention.