Discours de Mme Samoura au lancement à Madagascar du Rapport Mondial sur le Développement Humain 2013 et du Rapport sur le Développement Humain en Afrique 2012

24 avr. 2013

imageFatma Samoura, Représentante résidente du PNUD


Honorable assistance.

Mesdames et messieurs,

Je voudrais tout d’abord vous remercier pour avoir accepté d’honorer par votre  présencela cérémonie de lancement du 22ème Rapport Mondial 2013 sur le développement humain (L’essor du Sud : Pour un monde diversifié) et le 1er Rapport Africain sur le Développement Humain dont le thème est la sécurité alimentaire. Cette mobilisation témoigne de l’intérêt que vous portez à la problématique du développement humain et  à la sécurité alimentaire.

Mesdames et messieurs,

Le Rapport Régional du PNUD sur le Développement Humain que nous lançons aujourd’hui, porte sur un thème d’actualité, à savoir «vers une sécurité alimentaire durable». Rappelons que le développement humain atteint dans chaque pays est évalué à partir d’indicateurs de revenu, de santé et d’éducation.

Face à la récurrence des crises alimentaires en Afrique, le Rapport appelle à une prise d’actions publiques soutenues dans quatre domaines principaux : i) l’accroissement de la productivité agricole, ii) la lutte contre la malnutrition, particulièrement celle des enfants, iii) le renforcement des capacités d’adaptation et de gestion des risques au niveau des communautés et des ménages, iv) l’autonomisation des populations vulnérables, notamment les femmes et les populations dans les zones rurales.

A cet effet, le Rapport Mondial du PNUD sur le développement Humain, deuxième objet de notre rencontre d’aujourd’hui intitulé : « L’essor du Sud : Le progrès humain dans un monde diversifié » examine les transformations dans le monde et ses implications pour le développement humain.

L’essor du Sud transforme l’équilibre des forces à l’échelle mondiale, grâce aux nations en développement qui enregistrent de fortes croissances économiques, tirant des centaines de millions de personnes de la pauvreté et augmentant ainsi le nombre de personnes dans la classe moyenne.

D’ici 2020, selon les prévisions du présent rapport, la production économique totale de trois grands pays en développement (le Brésil, la Chine et l’Inde) dépassera la production cumulée  des Etats Unis , du Japon, du Canada, de la  France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Royaume-Uni). Cette expansion est en grande partie encouragée par de nouveaux partenariats commerciaux et technologiques mis en place entre les pays du Sud eux-mêmes.

Le Rapport 2013 identifie quatre domaines d’action spécifiques pour maintenir la dynamique du développement. Il s’agit d’encourager l’équité, notamment dans la dimension du genre, d’accroître la représentation et la participation des citoyens, notamment des jeunes, d’affronter les problèmes environnementaux et de gérer les mutations démographiques.

Il souligne que, ces dix dernières années, un nombre croissant  de pays ont connu des progrès en matière d’éducation, de santé et de revenus au titre de l’indice de développement humain (IDH). Des progrès rapides ont été réalisés par quelques grands pays, notamment le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, l’Afrique du Sud. Néanmoins, certaines économies plus petites ont également réalisé des progrès importants, comme le Bangladesh, le Ghana, Maurice, le Rwanda, et la Thaïlande. Leurs expériences et la coopération Sud-Sud constituent également une source d’inspiration pour les politiques de développement dans d’autres pays, notamment Madagascar.

Ces progrès créent des opportunités de collaboration nouvelles entre les pays du Sud et du Nord pour faire avancer le développement humain et faire face à des défis partagés tels que la lutte contre le changement climatique. Les pays du Sud étendent leurs liens commerciaux, technologiques et politiques vers l'ensemble des pays du Nord, tandis que le Nord recherche dans le Sud de nouveaux partenariats capables de promouvoir la croissance et le développement mondial.

Le Rapport montre aussi que les défis du développement mondial sont de plus en plus complexes et de nature transfrontière. Ils demandent une action coordonnée , essentielle pour affronter les questions les plus urgentes de notre époque, notamment l’éradication de la pauvreté, le changement climatique, la paix et la sécurité. L’interconnexion entre les pays est de plus en plus profonde, à travers  les échanges économiques,  les migrations, les technologies de l’information et de la communication ; Aussi, il appelle à jeter un regard critique sur les institutions de gouvernance globale en faveur d’un monde plus juste et plus équitable,  et suggère des alternatives pour une nouvelle ère de partenariats.

Enfin, ce Rapport 2013 du PNUD  renouvelle notre compréhension de l’état actuel du développement mondial et démontre que nous avons beaucoup à apprendre des progrès rapides réalisés en matière de développement  dans de nombreux pays du Sud.

Concernant Madagascar, le rapport montre que l’indice sur le développement humain a stagné. La grande Ile se trouve actuellement à la 151ème place sur 186 pays avec un IDH de 0.483.  Les travaux techniques qui vont commencer dans les prochaines semaines  dans le cadre de la préparation du Rapport National sur le Développement Humain (RNDH) à Madagascar devraient permettre d’avoir des informations actualisées et détaillées sur le développement humain dans la Grande Ile, en collaboration avec l’ensemble des parties prenantes, notamment la Vice-Primature chargé de l’Economie et de l’Industrie et les autres Ministères, l’INSTAT, le secteur prive, la société civile,  le PNUD et d’autres PTFs.

Toutefois, les informations déjà disponibles sur le développement humain montrent que Madagascar est actuellement à la croisée des chemins et que les domaines d’actions identifiés font l’objet d’appuis des PTFs et d’autres acteurs du développement, mais à une échelle réduite, sans cadre national de référence et dans un contexte de crise politique, laquelle devrait prendre fin bientôt.

Étant donné que la préparation de la Stratégie Nationale de Relance du Développement (SNRD) à Madagascar va être accélérée à travers un processus participatif et neutre, que nous venons de lancer ensemble «1000 jours d’actions pour les OMD », et que le débat sur les objectifs du développement mondiaux après 2015 vont commencer bientôt, j’espère, au nom du Programme des Nations Unies pour le Développement et du Système des Nations Unies, que ces deux Rapports sur le Développement Humain 2013 seront lus par le plus grand nombre, notamment les acteurs du développement (Gouvernement, société civile, secteur prive et PTFs).

J’espère aussi que ses leçons donneront matière à réflexion sur notre monde en évolution accélérée et les perspectives de développement humain, de sécurité alimentaire, d’éradication de la pauvreté et des inégalités, et de gouvernance démocratique à Madagascar.

Excellence Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Vice premier Ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Distingués invités,

Je vous remercie !