La société civile s’implique dans la lutte contre la corruption

25 août 2014

image"Nous sommes tous assujettis aux lois", Photo prise lors de la marche blanche pour la paix, 21 Septembre 2013

Les organisations de la société civile malagasy Transparency International Initiative Madagascar,  Tolotsoa,  Ravintsara et  CAFED/FAFED ont signé ce jour un accord de subvention du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour mener des initiatives de sensibilisation ou prévention sur la corruption en vue de contribuer à la relance de la lutte contre ce fléau à l’échelle nationale ou dans une localité spécifique dans les zones d’intervention du PNUD (Atsimo-Andrefana et Analamanga). Leurs projets ont été sélectionnés suite à un appel à projets lancé par le PNUD dans la presse nationale il y a trois mois et seront mis en œuvre d’ici novembre. 

Transparency International (TI) Initiative Madagascar travaillera dans la région Analamanga pour conduire le projet « Améliorer la gouvernance locale par l’appui aux populations victimes de cas de corruption dans l’exercice de leurs droits ». Le projet a pour objectif de sensibiliser la population et les autorités mais aussi de donner un appui  juridique aux victimes qui dénoncent des cas de corruption en se basant sur l’expérience solide de TI. Il cible les couches les plus vulnérables de la population y compris les femmes et la population rurale vivant dans les localités couvertes par les  CAJAC ou cliniques juridiques mobiles.

Sur le plan national, l’ONG Tolotsoa mènera l’initiative « Dénonçons la corruption » en recourant aux nouvelles technologies informatiques. Ce projet qui prévoit la création d’un site internet pour dénoncer les cas de corruption et identifier les bonnes pratiques d’intégrité, s’inspire du succès du site internet indien « I paid a bribe ». Il cible le public ayant accès à internet et notamment entend mobiliser les jeunes.

Ravintsara conduira le projet  « Contribution à la lutte contre la corruption au niveau de la région d’Analamanga » qui consiste à informer la population, sensibiliser les autorités locales et mettre en place des mécanismes de dénonciation comme des boîtes à suggestion dans les Communes. Les zones où habitent les populations les plus pauvres seront ciblées.

Dans la région Atsimo Andrefana, une « Campagne d’éducation et de sensibilisation pour la relance de la prévention et lutte contre la corruption dans la Commune Urbaine de Toliara » sera menée par CAFED/FAFED. Le projet propose un large éventail d’activités complémentaires : l’information et le plaidoyer ciblant les autorités locales (fokontany) et pouvant mobiliser les médias, l’installation des mécanismes de recours dans les fokontany et au niveau de la clinique juridique de Toliara, et l’encouragement de la population à  dénoncer les cas de  corruption.

A Madagascar, l’incidence de la corruption ne cesse d’augmenter. Sur l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International, Madagascar est passé du score de 3,1/10  (85e place) sur 163 pays classés en 2006, à un score de 28/100  (127e place) sur les 175 pays examinés en 2013. 

En contribuant au renforcement de l’Etat de droit, le PNUD appuie la relance de la lutte contre la corruption dans toutes ses formes, s’inscrivant dans l’espoir de changement généré par la sortie de crise du pays. Dans ce sens, le PNUD a soutenu la réalisation d’un bilan du dispositif anticorruption du pays et appuie la société civile et les citoyens à s’engager dans la lutte contre ce phénomène qui fragilise les institutions, nuit à l’économie et porte préjudice en particulier aux populations les plus vulnérables.