Les journées économiques organisées par la VPEI et le PNUD révèlent le poids du secteur informel dans l'économie de Madagascar.

28 août 2013

imageExposition sur la situation socio-économique à Madagascar à la cour du Plan Anosy.

La Vice Primature chargée de l'Economie et de l'Industrie (VPEI) en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a publié ce jour, dans le cadre des "journées économiques de Madagascar" organisées au Plan Anosy, les résultats de l'Enquête sur l'emploi et le secteur informel de 2012 (ENEMPSI 2012). L'enquête et les deux analyses corollaires ont été réalisées par l'Institut National des Statistiques (INSTAT) de Madagascar avec l'appui technique et financier du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et de l'Organisation Internationale du Travail (OIT).

La première analyse concerne le marché du travail à Madagascar qui selon les résultats de la première phase de l'ENEMPSI 2012, est dominé par le sous-emploi et le secteur informel. La deuxième étude s'est concentrée en particulier sur le poids économique et social important de ce secteur informel à Madagascar en 2012 qui s'est trouvé "en totale déconnexion avec le secteur formel" selon le Directeur des Statistiques des Ménages, Faly Rakotomanana. 99,9% des unités de production individuelles n'incluant pas les secteurs de l'agriculture, l'élevage, la chasse et la pêche, recensées en 2012 sont toutes informelles. Le secteur informel représente 24% du PIB total officiel à Madagascar en 2012 soit plus de 4.8 milliards d'ariary de valeur ajoutée créée. Plus de 80% des travailleurs à Madagascar, notamment les femmes, occupent un emploi inadéquat. Le sous emploi lié à la durée du travail touche plus de 10% de la population active occupée. "La réalisation de l'ENEMPSI est une première à Madagascar" selon le Directeur général de l'INSTAT, Gérard Ravelomanantsoa. 13600 ménages et 5700 unités de production ont été consultées dans le cadre de cette enquête qui a permis de démystifier le marché du travail à Madagascar. La méthodologie utilisée pour mener l'enquête permet de comparer la situation à Madagascar avec celles de 25 autres pays qui ont recouru aux mêmes processus et méthode.

Lors de la conférence débat de ce jour, non seulement le diagnostic de la situation économique du pays a été fait, mais également une sensibilisation sur une meilleure prise en charge de l'emploi des jeunes à Madagascar a été faite par Clara Ramaromanana, chargée de programme de l'OIT. Mejamirado Randriamiary, intervenant issu du Secteur Privé y a plaidé l'adoption d'une "approche système non sectoriel" des efforts menés en matière de développement à Madagascar, en mettant l'accent sur le partenariat entre le secteur public, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers. "Le secteur privé a essayé d'avoir une même voix face à la crise, nous souhaitons avoir des interlocuteurs de l'Administration et des partenaires techniques et financiers qui ont également une même voix pour mener le développement de Madagascar" a-t-il soutenu. Hery Ramiandrisoa, enseignant chercheur à l'Université d'Antananarivo, qui faisait également partie du panel de la conférence débat de ce jour, a soutenu les enjeux de la croissance pour mieux satisfaire le bien être de la population à Madagascar. "L'accroissement de productivité dans chaque secteur et l'efficacité des investissements ont été trop longtemps inhibés par la crise politique, des mesures sont à prendre pour éviter une dépression économique telle que les statistiques économiques actuelles laissent transparaitre" a-t-il développé. Pour sa part, le Directeur général de la VPEI, Claude Rakotoarisoa a partagé les grandes lignes de la politique de relance développée par la VPEI et ses partenaires qui servira de cadre de référence de la stratégie intérimaire de développement de Madagascar. La Vice Primature chargée de l'Economie et de l'Industrie en partenariat avec le PNUD lancera d'ailleurs en début septembre le processus d'élaboration d'une stratégie nationale de relance de développement (SNRD) qui engagera toutes les parties prenantes à l'amélioration des conditions de vie des ménages malgaches et de la situation socio-économique de Madagascar. Les analyses effectuées en cours de ces données d'enquête et des récentes enquêtes sur les objectifs du millénaire pourle développement (OMD) réalisées en partenariat avec le PNUD et d'autres agences du Système des Nations Unies contribuent à la préparation de cette stratégie nationale de relance de développement.

Les "journees économiques" organisées ces 27 et 28 aout 2013 à l'initiative de la Vice Primature chargée de l'Economie et de l'Industrie (VPEI) avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le Developpement (PNUD) sous le thème de "Situation socio-économique à Madagascar: diagnostic et pistes de solutions" se sont terminées ce mercredi. Outre la conférence debat, une exposition au public sur les statistiques et faits économiques clés des secteurs d'activités à Madagascar du dernier septennat a été tenue à la cour de la VPEI durant ces deux jours.

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