Réaliser l’accès à la justice à Madagascar : le parcours d’une victime

04 févr. 2013

imageSENSIBILISATION SUR LES DROITS HUMAINS PAR LES ANIMATEURS DE LA CLINIQUE JURIDIQUE A ANDOHATAPENAKA

Volatiana avait vingt ans quand son mari, agriculteur journalier, l’a abandonnée avec leur bébé de trois mois. Aujourd’hui, Volatiana a trente-sept ans. Elle n’est toujours pas divorcée mais son mari a récupéré la garde de leur fille. Cette dernière étant maltraitée par son père et sa belle-mère,  Volatiana a décidé de se tourner vers la Clinique juridique d’Andohatapenaka, à Antananarivo, pour récupérer sa fille.

 Habitant dans un quartier défavorisé, Voltatiana aurait eu peu de chance de voir son dossier « de moindre importance » être traité par les tribunaux, ou le cas échéant, cela lui aurait couté cher et allait prendre beaucoup de temps. Par ailleurs, comme de nombreuses personnes, elle ne connaissait pas ses droits, ni ceux de son mari.

 A son arrivée à la Clinique juridique, Volotiana est auditionnée puis son mari est assez vite convoqué pour un entretien contradictoire. Lors de son audition, son conjoint prétend que sa femme entretenait une relation adultérine et ajoute que son emploi ne lui permettait pas de subvenir aux besoins de sa famille. Il a donc fait le choix de la quitter. Un compromis est noué après plusieurs heures de méditation : la garde de l’enfant est confiée à Volatiana et son conjoint devra contribuer à sa pension alimentaire, à hauteur de 15.000 Ar par mois. Le versement de cette somme se fera auprès de la Clinique juridique contre la remise d’une facture. Volatiana est soulagée mais, ajoute-t-elle prudemment, elle préfèrerait tout de même que la « Trano Aro Zo » intervienne encore pour que son mari participe au paiement des droits d’inscription de leur fille pour la prochaine année scolaire.

Les Cliniques juridiques, ou « Trano Aro Zo », mises en place depuis 2007 par le Ministère de la Justice avec l’appui du PNUD, ont permis à de nombreuses personnes, comme Volatiana, de régler facilement leurs différends dans le respect du droit malgache. Les « Trano Aro Zo » offrent en effet un accès rapide et souple à la justice aux populations défavorisées, dont un bon nombre de personnes sont dans l’ignorance de leurs droits ou n’osent tout simplement pas les revendiquer.

 Grâce aux 6 Cliniques juridiques, situées à Antananarivo, Mananjara, Manankara, Farafangana, Taolagnaro et Toliara, ce sont plus de 2.000 personnes par an qui parviennent à régler leurs litiges tout en s’efforçant de préserver les liens sociaux de leur communauté.