8 mars, au-delà des discours officiels

08 mars 2014

imageLa Première Dame Voahangy Rajaonarimampianina visitant le stand des femmes de Farafangana

Tout Vangaindrano s'est donné rendez-vous au stade de la ville pour la célébration de la journée de la femme. Femmes, au centre des  discussions et mises en avant à l’occasion de cette journée.


Il est 11h. La 150eme association, dernier groupe de femmes participant au carnaval de la célébration nationale de la journée internationale de la femme est encore à dix minutes de marche du grand stade de Vangaindrano. A l'intérieur de l'enceinte, plusieurs centaines de femmes avec leurs plus beaux "lamba" (écharpe ou pareo traditionnel) et parures ou vêtues de leurs plus belles robes, ayant déjà fini leur traversée du chef-lieu de la commune, attendaient sur le terrain de foot. Musique et pas de danse agrémentaient l'attente. A la tribune, les officiels sont déjà au grand complet. Pour la première fois depuis l'indépendance de Madagascar en 1960, Vangaindrano accueille la célébration nationale de la journée internationale de la femme, qui, cette année, est sous le thème "l'égalité pour les femmes, c'est le progrès pour toutes et tous". La première dame,  Voahangy Rajaonarimampianina, quatre ministres du gouvernement d'union nationale, le vice-président de l'Assemblée nationale, la médiatrice de la République, des membres du comité de réconciliation nationale et des représentants de l'UNFPA, de l'UNICEF et du PNUD ont fait le déplacement de Vangaindrano, pour marquer de leur présence avec les autorités et la population locales, l'événement organisé par le Ministère de la population avec l'appui de ses partenaires dont le Système des Nations unies. 

A l'aile gauche du stade, les exposants d'une dizaine de stands de sensibilisation sur le genre, la promotion des droits et l'autonomisation des femmes s'activaient aux derniers préparatifs d'accueil des officiels au vernissage de cette exposition du 8 mars tout en suivant  la série de discours intercalés de représentations culturelles. Delà, à visibilité réduite des orateurs, le son reste bon. On  pouvait reconnaitre la voix de la ministre de la population et de l'action sociale, Olga Vaomalala Ramarson rappelant que le genre n'est pas une question de femmes uniquement, il s'agit de complémentarité, d'hommes et de femmes travaillant ensemble pour le développement. Elle a exhorté la population de Vangaindrano à aller de l'avant et faire plus en matière de respect des droits des femmes au même titre que ceux des hommes, faire plus dans la lutte contre le viol, dépasser les revers de la tradition. Elle a déclaré : "Nous avons appris lors de l'atelier sur le genre que Farafangana a su reconnaitre et faire valoir  le rôle communautaire de la femme avec l'appui des chefs traditionnels et des autorités locales, ce sont des lecons apprises." (voir article les femmes de Farafangana, des modèles d'inspiration).

Rabakara, chef traditionnel de Farafangana, veillant avec les représentantes de la fédération des femmes de Farafangana sur le stand  partagé avec l'équipe de sensibilisation sur les droits de la Clinique Juridique de Farafangana, monté tôt le matin avec les moyens disponibles, affichait un air fier du chemin parcouru dans sa communauté. "Grace à une prise de conscience suite aux différentes sensibilisations appuyées par un projet du PNUD nous sommes arrivés à ce stade. Le Maire et moi accompagnons ces représentantes de la fédération des femmes de Farafangana ici à Vangaindrano pour les soutenir dans leurs initiatives, témoignant qu'il y a un changement positif. Le genre nous développe!" s'exclama-t-il. 

Plus tôt, le témoignage de Agathe Lawson, représentante résidente de l'UNFPA, portant le message du système des Nations unies a marqué l'attention. "Cette dame avait une place importante car son père l'a poussée dans son éducation comme elle l'a dit. Chez nous,  des jeunes filles paient le prix de la pauvreté. Ce sont elles qu'on garde à la maison pour aider à s'occuper de la famille" a confie une femme membre d'une association de Vangaindrano en écoutant son discours.

« Puisque l’égalité de genre entraîne des progrès pour toutes et tous, nous devons poursuivre et accentuer nos efforts et nous montrer encore plus audacieux alors que nous sommes à moins de deux ans de l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le Développement. La satisfaction des droits des femmes et des filles mérite encore des actions énergiques de la part de chacun de nous, hommes, femmes, citoyens ou responsables à tous les niveaux du secteur public, du secteur privé, de la société civile, des décideurs et des bailleurs de fonds », a d'ailleurs déclaré la porte-voix du Système des Nations unies pour soutenir le plaidoyer de l'égalité du genre à Madagascar.

« La voie du développement est toute tracée, je lance un appel à toutes les entités pour créer un environnement propice au développement et aux respects des valeurs des femmes malgaches », a pour sa part insisté   la première dame Voahangy Rajaonarimampianina à Vangaindrano.

La sensibilisation sur la santé, l'éducation, les droits fondamentaux, les initiatives féminines s'est poursuivie lors des visites des stands d'exposition de ce 8 mars et à travers les radio crochets.  Du côté du stand du système des Nations unies et de ses bénéficiaires dont les femmes de Farafangana et la clinique juridique de Farafangana, les dépliants d'information sur les questions clés de droits familiaux et communautaires et les brochures de la résolution 1325 des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, imprimés avec l'appui du PNUD ont été vite écoulés  après le vernissage et la visite par les officiels. La connaissance des droits fondamentaux en général et des droits de la femme en particulier étant essentielle pour donner un cadre au changement.


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