Alphabétisation, un moyen d’autonomisation et d’intégration socio-économique des habitants de Saint-Augustin et de Milenaka

9 oct. 2013

Les apprenants du centre d’alphabétisation de Namakia Ankilibe. Photo © PNUD

Il y a sept mois, Zana, 20 ans, commerçante et mère de quatre enfants, ne savait ni lire ni écrire. Elle faisait appel à ses clients pour qu’ils lui lisent son courrier. Elle était obligée de leur demander d’inscrire leurs noms et le montant de leurs crédits sur les fiches clientèles.

« J’étais motivée à suivre un cours d’alphabétisation pour ne plus me faire “arnaquer” par mes propres clients et pouvoir gérer toute seule ma comptabilité. Depuis j’assiste également ma belle-mère dans ses comptes, car elle est analphabète. Je possède maintenant une signature que je peux apposer sur un document », raconte Zana qui fait partie des 340 femmes sur les 740 personnes bénéficiaires du programme d’alphabétisation des adultes dans les communes rurales de Milenaka et de Saint-Augustin, toutes deux situées dans la région d’Atsimo Andrefana, dans le Grand Sud de Madagascar. 

Ce projet, mené dans le cadre du partenariat entre la Vice Primature en charge de l’Economie et de l’Industrie (VPEI), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’ONG Malagasy Mahomby, contribue à l’insertion socio-économique des personnes analphabètes à travers l’Alphabétisation fonctionnelle intensive pour le développement (AFI-D). Les personnes qui en bénéficient sont sollicitées pour leur esprit critique et leur facilité à communiquer et à se prendre en charge. Non seulement, le taux d’analphabétisme a baissé à Saint-Augustin et à Milenaka, mais grâce à la formation complémentaire de base dispensée dans le programme, un changement de comportements est noté. « Ces changements sont rapides et visibles », témoigne Azimo Zilibera, 31 ans, père de 4 enfants. « J’avais une piètre opinion de moi-même, j’étais comme une personne ayant la faculté de regarder sans voir ; une personne qui ne reçoit rien alors qu’elle a des mains. De ne savoir ni lire ni écrire contribuait à accentuer ma pauvreté. » Poursuit-il. Cette ignorance a poussé Azimo, tout comme les autres apprenants à s’inscrire aux cours, 6 heures par jour pour les uns, 4 heures par jour pour les autres, six jours par semaine. La première formation a duré 3 mois.

« J’étais obligé de fournir des efforts pour être comme tout le monde, pour y arriver, car l’alphabétisation est un l’héritage que l’on ne pourra pas m’ôter » confie Azimo. « Par ailleurs, je suis satisfait du résultat de ma formation de 6 mois, qui m’a complètement transformé ».

Aujourd’hui, même si la situation économique de Azimo peut encore être améliorée, moralement il est satisfait, car il sait à présent lire, écrire et assimile mieux certains aspects de la vie courante. Selon Azimo, cette formation lui a permis de sensibiliser les gens qui étaient dans la même situation que lui afin qu’ils sortent de l’ignorance.

Après avoir complété la formation sur l’alphabétisation initiale et la formation complémentaire de base, les anciens apprenants d’AFI-D, ainsi que d’autres personnes de la localité, suivent une formation technique professionnelle de base.

Cette nouvelle formation a pour objectif d’optimiser les compétences acquises en lecture et en écriture pour accéder à de nouvelles compétences techniques et professionnelles.

« Une personne dépourvue des compétences de base en lecture et en écriture n’a que rarement l’occasion de s’impliquer réellement dans les institutions démocratiques, de faire des choix éclairés, d’exercer ses droits de citoyenneté et d’agir en faveur de ce qui est perçu comme l’intérêt collectif » explique Louisette Ranorovololona, administrateur du Programme lutte contre la pauvreté du PNUD. Ces objectifs justifient à eux seuls l’intérêt d’un tel projet du PNUD dans la région d’Astimo Andrefana

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