Des techniques de traitement des cultures naturelles au service des paysans du sud ouest de Madagascar.

27 mai 2013

Bientôt, des fiches phytosanitaires sur les méthodes de lutte intégrée pour les cultures maraichères et vivrières de la région Sud Ouest seront disponibles et vulgarisées. Ces méthodes permettent à la fois de protéger les consommateurs, les producteurs ainsi que l’environnement. Selon ce principe de lutte, l’utilisation des pesticides chimiques se fera en dernier recours. On valorisera davantage l’utilisation des produits naturels locaux et des différentes techniques culturales pour combattre les ennemis des cultures.

L'équipe de la Direction de la Protection des Végétaux du Ministère de l'Agriculture en partenariat avec le Programme Moyens de Subsistance Durable et de Lutte contre la Pauvreté appuyé par le Programme des Nations Unies pour le Développement vient de boucler son chantier de recherche appliquée qui a duré 2 ans à St Augustin et Milenaky, communes rurales d'intervention du PNUD Madagascar dans la région du Sud Ouest. Les techniciens de la Direction de la Protection des Végétaux du Ministère de l’Agriculture, avec le soutien du PNUD s'attellent actuellement à finaliser les fiches phytosanitaires qui décrivent les meilleures pratiques pour prévenir et traiter les attaques des ennemis des végétaux. "Quand les ravageurs attaquent les cultures vivrières et maraîchères, si celles-ci ne sont pas traitées convenablement, le paysan risque de voir son champ envahi à presque 80% et de perdre jusqu’à 50% de sa récolte" confie Harisoa Razakamanana, phytopathologue au Service des Protections des végétaux". "Selon les réalités sur terrain, on a cherché les techniques de traitement pratiques qui recourent davantage au naturel comme les bouillies préparées à base de produits naturels (piment, bouses de vache, ail, oignon, etc...) pour soigner les plantes "rajoute-t-elle.

Deux cent cinquante paysans agriculteurs sont jusqu’ici sensibilisés et formés sur ces techniques de traitements phytosanitaires dans les communes rurales de St Augustin et de Milenaky. Afin d’optimiser et de capitaliser les acquis, des fiches phytosanitaires ont été élaborées et validées. Elles vont être adaptées aux capacités des différentes cibles, y compris les analphabètes, et seront vulgarisées à moyen terme auprès non seulement des paysans de Milenaky et de St Augustin, mais aussi auprès des groupements villageois locaux, des centres de formation locale et des autres intervenants dans la Région. Ces fiches exposent la biologie des parasites, les dégâts qu'elles entrainent sur la culture et les moyens préventifs et curatifs naturels qui permettent aux usagers d'appréhender les enjeux des traitements au naturel.

"Il s'agit là d'une technique que le Programme Moyens de Subsistance Durables et de Lutte Contre la Pauvreté du PNUD veut mettre à la disposition des paysans du Sud Ouest notamment de Milenaky et de St Augustin même après la fin du programme", explique Ralinoro Andriamihaja, Coordonnateur du Programme. "Petit à petit, on va responsabiliser les fédérations et associations/groupements autour des Plateformes multifonctionnelles installées par le Programme pour être les personnes ressources de proximité assistant et accompagnant les paysans avec l'appui de ces fiches phytosanitaires" poursuit Volana Andrianarivony, spécialiste de la formation professionnelle de ce Programme au PNUD.

Toutes ces actions cadrent avec les activités du volet développement communautaire du Programme Moyens de Subsitance Durable et Lutte contre la Pauvreté du PNUD qui vise à promouvoir une dynamique de développement local auto entretenu et à accompagner les populations à mieux saisir les opportunités économiques et sociales comme l’investissement dans la culture maraichère et vivrière à Milenaky et St Augustin à travers diverses formations agricoles et l'encadrement communautaire de proximité.