Maritsara, l’héroïne d’une croisade contre la pauvreté et les préjugés sociaux


Maritsara partage son expérience avec d'autres femmes

La situation des femmes est critique dans la Région Atsimo Atsinanana. Elles y élèvent souvent seules leurs enfants. Acceptés par la coutume, concubinage et polygamie favorisent l’abandon des familles. Sans engagement légal, les hommes peuvent quitter leurs ménages sans aucune obligation, même alimentaire. La tradition leur refuse également le droit à l’héritage foncier des parents. La majorité, analphabètes, avec beaucoup d’enfants à charge, sont sans terre et sans ressources.

Pour survivre, elles se contentent de riziculture traditionnelle sur des terres empruntées, contre 50% de récolte. Pour les charges de production, elles recourent aux usuriers, remboursés au double à cause des taux d’intérêt prohibitifs. Menaces permanentes, inondations et cyclones empirent parfois la situation en détruisant les cultures.

A retenir

  • Le PNUD a lancé en 2010 un projet d’autonomisation des femmes et des filles-mères vulnérables du Sud-Est.
  • Les femmes de la commune d’Atsimo Atsinanana ont participé à une formation du Projet PNUD pour formuler la vision du développement à laquelle elles aspiraient.
  • Le Projet Autonomisation des Femmes œuvra à l’émergence de 70 groupements féminins similaires totalisant 2000 femmes.
  • Appuyé par le PNUD, l’Union des groupements féminins de Vohilengo, suivie de celles de six autres communes, ont lancé la sensibilisation sur l’Epargne/crédit.
  • Elles ont investi en première campagne dans l’achat/ revente de riz, de produits locaux, puis en collecte/ commercialisation des épices dans la suivante.
  • Aux 2° et 3° trimestres de 2011, les activités ont rapporté en moyenne à chaque femme des Unions : 420 000 Ariary de bénéfice (environ 210 USD).

Tenant compte de ce contexte, le PNUD lança en 2010 un projet d’autonomisation des femmes et des filles-mères vulnérables du Sud-Est. Sensibilisation envers les Droits des Femmes, renforcement de capacités techniques, professionnalisation dans les filières porteuses identifiées localement sont menées en partenariat avec les communes, les communautés cibles, les structures régionales des secteurs techniques clés et les Ongs. L’objectif est d’accroître leur production et d’améliorer leur niveau et qualité de vie. 

De Vohilengo, une commune rurale enclavée dans le district de Farafangana, Maritsara, littéralement « Jolie Marie » émergea. Le riz de deux ares de terrain emprunté lui permettait juste deux mois d’autosubsistance.

Avec 4 co-villageoises et 90 femmes des communes environnantes, elle participa à une formation du Projet PNUD pour formuler la vision du développement à laquelle elles aspiraient. 

Sortant d’une session sur les Droits des femmes, Maritsara déclara : « Nous savons maintenant ce que nous voulons ! Nous croyons n’avoir qu'obstacles et faiblesses, nous nous découvrons maintenant des forces ! » 

400 femmes déterminées à s’exprimer se sont dès lors unies, pour le changement positif de leur destinée. Maritsara à leur tête sillonna 15 hameaux pour mobiliser les femmes. Dix huit associations naquirent.  

Parallèlement, le Projet Autonomisation des Femmes œuvra à l’émergence de 70 groupements féminins similaires totalisant 2000 femmes. Des partenariats publics/privés les ouvrirent aux formations techniques, aux dotations en matériels, semences, engrais. Adhérant à l’approche promue par le PNUD, les communes mirent à disposition 12,5 ha de terrains.

Devançant l’appui externe, Maritsara et les femmes organisèrent une kermesse, pour lever des fonds en Septembre 2010. Les recettes dépassèrent les espérances. Appuyé par le PNUD, l’Union des groupements féminins de Vohilengo, suivie de celles de six autres communes, lança la sensibilisation sur l’Epargne/crédit. Echanges avec le Réseau local de micro-finance, montages de dossiers, déblocages des fonds s’enchaînèrent.

De ces ressources, elles investirent en première campagne dans l’achat/ revente de riz, de produits locaux, puis en collecte/ commercialisation des épices dans la suivante.

La superficie des rizières louées en Vary Hosy doubla pour chaque femme. 14,5 hectares cultivés font actuellement leur fierté. « Agneviavy! Aux femmes ! », clamèrent- elles en espérant une production triplée : six mois d’autosuffisance, contre deux, auparavant.

Pour la commercialisation, le PNUD facilita leur participation à la XIIIème édition de la Foire internationale de l’économie rurale  de Madagascar ou FIER-MADA en Août 2011. Ceci leur permit le réseautage dans leurs filières d’activité, pour agrandir leur part de marché sur le miel, la vannerie, les épices.

Des conventions sont en cours d’élaboration avec des opérateurs nationaux. Sur les traces de Maritsara, les femmes évoluent progressivement en acteurs actifs dans la vie économique communale.

Aux 2° et 3° trimestres de  2011, les activités ont rapporté en moyenne à chaque femme des Unions : 420 000 Ariary de bénéfice (environ 210 USD).

A Mme Fatma Samoura, Représentante résidente du PNUD, de passage à Farafangana en Août dernier, notre femme leader, confia : « Pour la première fois de notre existence, grâce à notre accès à la terre et aux activités génératrices de revenus, nous avons pu surpasser notre très bas niveau d’éducation et oublier nos craintes de l’influence des hommes sur notre destinée. Nous sommes fières d’être des femmes, nous ne rougissons plus devant nos enfants car nous sommes en mesure de leur offrir le meilleur des héritages : l’éducation ! »

La Représentante du PNUD à Madagascar leur a promis de renforcer leurs capacités en design de l’artisanat, en apiculture mieux conforme aux exigences du marché.

En attendant, Maritsara et les femmes préparent la prochaine campagne des cultures pluviales.

Les résultats de Vohilengo montrent l’importance du leadership (en l’occurrence celui de Maritsara) dans la mobilisation communautaire et la capacité des femmes à s’assumer pleinement. Dans les initiatives de développement communautaire, il importe d’identifier les femmes leaders capables de mobiliser leurs paires pour impulser des changements transformationnels décisifs. Ces résultats montrent également l’importance du partenariat en particulier avec les services techniques déconcentrés dont pérennité des initiatives et durabilité des résultats dépendent.

Le Projet Autonomisation des femmes et filles mères du Sud-Est n’intervient encore que dans 7 sur les 30 communes du District de Farafangana. Beaucoup reste à faire pour couvrir les nombreuses demandes d’organisations féminines inspirées de l’initiative Maritsara.

 

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