Lalao, femme pêcheur par choix


Lalao utilise sa pirogue pour pecher dans les eaux enviroinnantes. Photo: PNUD Madagascar

Tandis que la ville de Farafangana, sur la côte sud-est de Madagascar, dort profondément, au village des pêcheurs d’Amboanio, à proximité, les femmes ont quitté leurs cases depuis une heure du matin. Elles sont trente, armées de petits paniers et de filets, bravant l’eau glaciale et les vagues pour pêcher des bichiques, petits poissons qu’elles vendront sur le marché.

Lalao Florine fait partie de ce groupe. Depuis plusieurs années, elle élève seule ses trois enfants, comme la plupart des femmes de la région. Dans cette partie de la Grande Ile, les traditions ont la vie dure. Les lois sociales ne permettent pas aux femmes d'hériter des terres de leurs parents, ce qui oblige les femmes à se battre pour leur survie.

A retenir

  • Le projet a formé et aidé 2320 femmes à obtenir un emploi pérenne
  • Leurs revenus ont quadruplé dans le secteur agricole, sextuplé pour l’artisanat
  • 5560 enfants sont retournés à l’école

Aujourd’hui cependant, la survie de Lalao et de sa famille ne dépend plus de ces pêches nocturnes. « Il y a encore un an, je quittais mes enfants en plein sommeil en espérant rentrer avant leur réveil» raconte-t-elle. «Aujourd’hui, je ne vais en mer que lorsque je le souhaite. »

En effet, depuis un an, Lalao fait partie d’une association de femmes qui lui a permis de diversifier ses revenus. Elle fume désormais le poisson et le revend aux hôtels locaux à un prix plus élevé.Lalao va même jusqu’à prendre des commandes sur les futures captures, versant ses recettes sur un compte épargne.

Depuis qu’elle a accru ses revenus, ses enfants mangent trois fois par jour et ont repris l’école de façon régulière. J’essaie de sensibiliser au mieux mes amies pêcheurs pour qu’elles puissent aussi améliorer leur situation, même si ce n’est pas toujours facile » dit-elle.

Lalao a bénéficié d’un projet d’autonomisation des femmes et des jeunes mères vulnérables de Madagascar, financé à hauteur de 200 000 USD et mis en œuvre par le PNUD depuis 2010.

Le projet a formé et aidé 2320 femmes issues de 80 associations à avoir un emploi pérenne, identifiant les filières porteuses au niveau local dans les domaines de l’agriculture, de la pêche et de l’artisanat. Ce projet a également permis la création de 1450 emplois pour les jeunes. Dans le secteur agricole, les revenus des femmes ont quadruplé, d’environ 400 USD de bénéfice par an à 2000 USD par ménage. Un autre effet positif du projet est d’avoir permis la scolarisation ou le retour à l’école des enfants des femmes bénéficiaires, soit 5560 enfants au total. Vingt-trois communes de la région sont entrées en contact avec la fédération des groupements de femmes de Farafangana pour suivre leur exemple d’autonomisation.

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