Tous unis contre les violences basées sur le genre à Madagascar


Centre ville d'Antananarivo, zone d'intervention du projet

La violence faite à l’égard des femmes et les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) en général sont quasi courantes à Madagascar et comptent parmi les faits divers journaliers de la presse nationale et locale.  Ce n’est que récemment que des initiatives isolées ont commencé à se dessiner pour la prévention, l’atténuation et l’éradication de ces violences. Selon la dernière enquête démographique de santé pour 2008-2009, l’EDSM IV,  32% des femmes malgaches croient que l'homme a le droit de battre sa femme ou partenaire pour au moins une raison. 24% des violences enregistrées concernent des violences psychologiques et affectives comme les insultes à répétition, les chantages, les menaces, 11% des cas de violences sont des violences sexuelles touchant le viol, l’inceste, le mariage précoce et forcé ainsi que la prostitution conjugale.



L’état des lieux fait par le PNUD

Les études menées par le PNUD visant à mettre en place des mécanismes de suivi de ces cas de violences et de l'accès à la Justice à Antananarivo, Antsiranana et Toliara spécifiaient davantage cet état des lieux. Les études montraient entre autre qu’à Antsiranana, quatre femmes sur cinq ont déjà subi des violences physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques, que ce soit dans le cadre conjugal, dans la communauté ou dans le milieu professionnel. Les recours contre ces violences sont pourtant très peu fréquents : plus de 9 femmes sur 10 n’évoquent pas ces violences en dehors de leurs proches. Seules 4% des femmes se sont déplacées à la police, 2% auprès du Fokontany et quelques femmes auprès des acteurs religieux et médicaux. A Toliara où les enfants non scolarisés ou déscolarisés, les enfants des Travailleurs de sexe, les orphelins et autres enfants placés sous tutelles d’autres personnes, les enfants vivants dans une famille recomposée, les handicapés, les femmes sans revenus stables et celles Chefs de ménage, les femmes dépendantes économiquement, dans les foyers non formels ou encore celles supposées stériles, les femmes  avec des familles lointaines, les Travailleurs du sexe et les MSM sont les plus exposés,  les survivants de ces VSBG, ont pris une attitude de ne rien faire pour 59,70% des cas, d’en parler avec d’autres personnes pour 28,36% autres. Seulement, 9% ont fait appel à des systèmes de justice communautaire et formelle.



Les initiatives

 Sur la base de ces études, le projet lancé par le PNUD a mis en œuvre en partenariat avec l’UNFPA,  l’UNICEF, et l’OHCHR et l’UNFPA des activités aboutissant actuellement au lancement du processus de mise en place des mécanismes de suivi (SGBV - Accès à la Justice) dans les trois localités. L’architecture de ces mécanismes de suivi impliquant les acteurs et les services d’appui institutionnels ou de proximité est définie pour chaque localité et est fin prêt pour être opérationnel à la fin de l’année 2011. Des dispositifs pour le traitement des cas nécessitant une assistance d’urgence comme des Centres d'écoute et de conseil juridique sont depuis opérationnels à Antananarivo et à Antsiranana.

Les initiatives ont été financées par le Royaume de Norvège à hauteur de 587 643 USD et par une contribution propre du PNUD s’élevant à plus de 80 000 USD. Elles ont également permis de lancer la campagne d’information et de sensibilisation sur les mécanismes de prise en charge et les systèmes de recours contre les abus et les violences sexuelles et basées sur le genre tant au niveau communautaire qu’au niveau national par le biais des sensibilisations médiatiques et hors médias.



Un engagement commun

L’engagement manifesté par les représentants de la région DIANA, de la Mairie de Diégo, les représentants des différents services déconcentrés y compris ceux de la Police, de la Gendarmerie, des centres de santé, les représentants des juridictions, les représentants des organisations de la société civile, les représentants des Fokontany qui ont participé activement à chacune des activités tenues lors de l’inauguration du Centre d’écoute et de conseil juridique d’Antsiranana réhabilité sous le financement du PNUD dans le cadre des 16 jours d’activisme contre la violence faite à l’égard des femmes en 2011 constitue un exemple de l’appropriation requise de cette lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre à Madagascar. Ces engagements et initiatives concrètes mettent le pays au même diapason que la campagne mondiale UNITE « Tous unis contre la violence » menée depuis 2008 par Ban Ki Moon, le Secrétaire Général des Nations Unies. (UNDP Madagascar, décembre 2011)