La détermination de l’indice de la société civile

Un pas vers la définition d’un cadre d’action propice à l'essor de la société civile à Madagascar


Vue panoramique sur les quartiers de la zone basse d'Antananarivo

La nécessité de disposer des informations et connaissances plus pertinentes à travers une évaluation participative et plus systémique de la société civile malgache est devenue presque inévitable quand la société civile est considérée comme une des composantes de la société et contribue dans le développement du pays et est reconnue comme le principal outil permettant aux citoyens de participer à la vie démocratique et socio-économique du pays. La détermination de l’indice de la société civile malgache et l’élaboration d’une note de politique y afférent constituent le grand chantier mené par le consortium CNPC-MSIS, l’Alliance Mondiale pour la participation citoyenne – CIVICUS appuyé par le PNUD l’an dernier.

LES DIMENSIONS DE L'ISC

  • Engagement citoyen : le degré auquel les personnes individuelles s’engagent dans des initiatives sociales ou politiques.
  • Niveau d’organisation : cette dimension s’intéresse au degré d’institutionnalisation des organisations de la société civile.
  • Pratique des valeurs : cette dimension analyse les différentes façons de pratiquer les valeurs au sein de la société civile.
  • Perception des impacts : cette dimension évalue les perceptions internes et externes sur le degré d’impact que peut avoir la société civile.
  • Environnement extérieur: a trait aux conditions socio-économiques, sociopolitiques et socioculturelles dans lesquelles opère la société civile.

Une recherche action


La recherche action pour créer une base de connaissances fiables sur la société civile malgache et s’accorder des défis à relever pour renforcer sa capacité a duré une année. Plus de 180 organisations, près de 1800 personnes, ainsi qu’une quarantaine d’experts issus de six régions (SAVA, Boeny, Analamaanga, Analanjirofo, Vatovavy Fitovinany et Atsimo Andrefana), choisies sur la base de trois critères dont l’appartenance aux six Provinces, la concentration des activités des OSC et le niveau de développement économique de chaque région ont été enquêtés pour les besoins des trois types d’enquêtes : auprès de la population, au niveau des organisations et concernant la perception de la société civile. Par ailleurs, 5 études de cas relatives à chacune des dimensions de l’Indice de la Société Civile (engagement citoyen, niveau d’organisation, pratique des valeurs, perception des impacts, environnement extérieur) ont aussi été conduites.. Ces études de cas permettent d’avoir une image plus fine de la société civile en apportant une analyse en profondeur d’un sujet de préoccupation par dimension. Les données qualitatives seront importantes dans la mesure où elles sont cruciales pour la formulation des stratégies politiques et des recommandations pour améliorer la société civile.

Chaque étape de la détermination de l’ISC a été menée de façon participative et piloté par un comité consultatif, des focus group régionaux. L’atelier national de validation et de dissémination des résultas de l’ISC du mois d’octobre 2011 a entériné les résultats de l’étude et validé le plan d’action et la note politique relatifs au renforcement de capacité de la société civile malgache.

Société civile, un rôle social

En effet, la société civile malgache est considérée comme une des composantes de la société qui contribuent au développement de Madagascar. Elle est reconnue comme principal outil permettant aux citoyens de participer à la vie démocratique et socio-économique du pays. Le concept de la société civile a toujours existé à Madagascar et a traversé l’histoire de la vie associative malgache avec la mise en place du fokonolona. Les sujets de préoccupations de la société tels que l’organisation collective du travail, les achats collectifs, le règlement de conflits, la gestion de périmètre villageois ont été traités dans le cadre de cette organisation communautaire sous-tendue par la culture du Fihavanana. Depuis, le concept n’a cessé d’évoluer. Son institutionnalisation et son expansion ont été favorisées par des mécanismes légaux plus appropriés comme les Associations (par l’Ordonnance 60-133) ou les ONG (par le décret 90 036). Cependant, d’après l’état des lieux effectué dans le cadre de la détermination de l’ISC, la société civile n’a pas toujours tous les moyens pour jouer et assumer pleinement son rôle à Madagascar. Les textes régissant la société civile sont non seulement méconnus mais également le concept reste encore flou. Les mêmes études ont montré que le niveau de mobilisation citoyenne et d’engagement citoyen de la société civile est encore faible à Madagascar.

Contribution de l’étude ISC

Afin de renforcer la capacité de la société civile à Madagascar, les acteurs et parties prenantes à la promotion du rôle de cet organe qui contribue à l’équilibre du pouvoir, dans un système démocratique, ont posé cinq grands défis à Mantasoa à la fin de l’année 2011. Il s’agit entre autre de mettre en place un cadre d’intervention propice aux actions de la société civile, de renforcer les capacités techniques et organisationnelles des organisations de la société civile pour améliorer leur gouvernance interne, de renforcer les capacités des OSC en communication, en mobilisation sociale et de plaidoyers, de développer les capacités d’interpellation et de recours ainsi que de protection des interpellateurs et disposition de financement à travers une capacité de mobilisation de fonds et de soutien coordonné des partenaires techniques et financiers. Considérant l’environnement actuel de la société civile, le plan d’action prévoit de formuler, sur la base des défis à relever, un programme d’appui à la société civile dont l’objectif sera de renforcer l’efficacité et la contribution de la société civile au développement humain durable et à l’atteinte des OMD. (UNDP Madagascar, décembre 2011)