"Je m'appelle Ranala et je suis jeune"


Ranala au sommet Youth 21 (premier plan à droite)

« Je m’appelle Ranala et je suis jeune !», je n’aurais jamais cru vouloir le dire avec autant d’orgueil et de fierté avant l’expérience Youth 21. J’espère pouvoir utiliser à bon escient ces quelques lignes pour à la fois partager la formidable aventure que j’ai eue la chance et l’honneur de vivre, mais aussi et surtout pour essayer de donner autant que j’ai reçu en force et en espoir à travers mon voyage.

Un vol annulé, deux jours de retard, il faut dire que patience et sérénité ont été mises à rude épreuve avant même que mon périple n’ait commencé. Apparemment, ce n’était pas une chose simple que d’aller « assister » à un forum international des jeunes du 15 au 18 mars de l’autre côté du canal du Mozambique. Première leçon en cadeau, la persévérance !

Arrivée à bon port la nuit du 16 mars. Paradoxalement, la découverte de la ville de Nairobi m’a fait redécouvrir ma propre ville, Antananarivo et par la même occasion, mon propre pays. Et si les « Jambo, Karibo», les chaleureux bienvenus que l’on m’a adressés à l’arrivée m’ont laissé croire que je n’étais pas partie bien loin, les grandes autoroutes (sans troues ni bosses notables) et les immenses buildings qui longeaient la route vers Safari Park Hotel m’indiquaient clairement que je n’étais plus à Madagascar.

Ma première journée de travail avait commencé tôt, très tôt. A peine le temps de se renseigner sur le programme, sur qui fait quoi, quand, comment, où…que le dernier car qui devait nous ramener au complexe des Nations Unies à Gigiri, notre lieu de travail, était sur le départ ; il n’était alors que 7h30 du matin. Deuxième leçon en cadeau, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt même si ils ont dû se coucher tard la veille.

Durant les 2 derniers jours du forum, les méthodes de travail ont été presque toujours les mêmes à savoir : des exposés de divers intervenants sur des thèmes différents, des témoignages, des séances questions réponses, des plénières et des ateliers (cf. le site officiel de youth21).

En adéquation avec les raisons d’être officielles du forum, celui-ci a permis entre autres aux jeunes de s’ouvrir aux autres et sur de nouveaux horizons. Les essais de réflexions et de travail collectif qui ont été mis en place ont porté leurs fruits. Alors, non sans difficultés, les jeunes ont fini par parler d’une voix unique en adoptant au terme du forum, des résolutions communes à adresser au Nations Unies par rapport à la manière dont les jeunes devraient pouvoir intégrer le système.

Beaucoup d’idées, de suggestions, de méthodes de travail, de sentiments, d’histoires, etc. sont venus enrichir les débats sur la question « youth 21, building for change ». Ceci étant, il me serait difficile d’en faire ici la liste exhaustive. Aussi ne citerai-je que quelques unes des réflexions sur le sujet. Certes ce ne sont pas forcement là les idées jugées les plus importantes, ni les plus populaires (dans le sens démocratique du terme) sorties du forum, mais ce sont là des réflexions qui très subjectivement m’ont interpellées: 

  • L’histoire montre clairement que ceux qui ont constitués la pierre angulaire, le cœur même de tout mouvement révolutionnaire dans les sociétés humaines ont été systématiquement : les jeunes.
  • Pour les jeunes, l’heure n’est plus aux lamentations, l’heure est maintenant à l’action. Jeune = leader.
  • Nous avons besoin non pas de trouver des solutions aux problèmes des jeunes mais plutôt de dresser d’un cadre politique propice aux résolutions de ces dits problèmes. En l’occurrence en mettant en place une structure institutionnelle permettant d’intégrer les jeunes dans les processus de prise de décision.
  • Il est nécessaire d’identifier les actions qui peuvent être mises en place au niveau local, régional de manière à ce que nous les jeunes nous puissions travailler ensemble dans la même direction et éviter des contradictions de nos actions au niveau mondial. Pour se faire, il faudrait multiplier les forums et les espaces de dialogues.
  • Avec l’explosion démographique, en 2050, 2/3 de la population africaine sera constituée exclusivement de jeunes. Cela peut constituer une grande opportunité pour l’Afrique, tout comme un grand risque de facteur d’appauvrissement.
  • Une intelligence oisive peut-être utilisée par n’importe qui, y compris par le Diable.
  • Jusque là, la création d’emploi trop souvent, fait plus partie d’un clientélisme que d’une véritable stratégie de la part des décideurs politiques. Si on ne peut pas créer des emplois, il faudrait tout au moins créer un environnement propice à la création de l’emploi.
  • Renforcement des capacités # renforcement des possibilités.
  • Tout changement pacifique sur cette planète doit passer forcement par la politique. Il est temps que les jeunes s’y collent.
  • Différences entre Autorité et leadership :
    - autorité = ordre, direction, président…= moyens = centré le plus souvent sur la personne
    - leadership = processus = centré sur le travail
  • Pour être un bon leader il faut être créateur
  • “We are all differently able person”
  • Comment mesure-t-on l’avancement d’une société donnée ? En regardant comment elle s’occupe des plus vulnérables.
  • Importance du « Mentorship » dans le leadership et donc du rôle des moins jeunes dans l’épanouissement des jeunes.
  • Les jeunes devraient cultiver l’esprit d’entreprenariat et dans la foulée s’armer de courage, de volonté et de foi en ce qu’ils entreprennent.
(...) A Madagascar, il existe plusieurs initiatives et associations en tout genre « s’occupant » de la promotion des jeunes dans divers domaines. Ceci étant, il me semble que ces dites « initiatives » sont trop éparses et sont tellement nombreuses qu’il est difficile de s’y retrouver même pour un ceux qui travaillent dans le milieu. (...)

(Extrait du rapport de Ranala, slameuse, représentante des jeunes malgaches à Youth21)