L'enquête nationale 2012-2013 de suivi des OMD à Madagascar

 

A moins de deux ans de la date butoir de 2015, les résultats de l’enquête OMD dressent l’état des lieux du pays en matière de sécurité alimentaire, de nutrition,  de santé maternelle, de mortalité infantile, d’éducation et alphabétisation, de droits humains, d’équité de genre, d’environnement et de lutte contre la pauvreté.

Au vu des informations collectées et analysées lors de l’enquête, la situation du développement dans toutes ses dimensions reste préoccupante. Madagascar est loin de ses objectifs de développement  pour 2015.  Certains facteurs importants ont agi sur cette situation, notamment la crise économique mondiale et  la crise sociopolitique qui a duré cinq ans. Toutefois, une analyse approfondie de la situation montre surtout que Madagascar fait face  à des problèmes structurels, notamment de visions et de gouvernance (politique, économique, et environnementale),  qui ne lui ont pas permis de relever les principaux défis et de mieux exploiter les opportunités de développement.  Il s’agit désormais d’élaborer et mettre en œuvre des politiques et stratégies pour que Madagascar se rapproche des objectifs du millénaire pour le développement d’ici 2015 dans le cadre d’un élan collectif de tous les acteurs du développement.

Le caractère unique de l’enquête sur les OMD réside dans le fait qu’elle met à disposition des décideurs et de chacun une base de données unique et spécifique aussi bien en variables économiques que sociodémographiques. Aussi, les résultats de l’enquête sont une source d’informations statistiques  qui permettront de satisfaire les besoins des administrations, du secteurs privé, des OSC, des régions, partenaires techniques et financiers, et d’autres acteurs de développement.  L’enquête  permet  d’avoir une vue d’ensemble de la situation des OMD au niveau national mais également selon les milieux (urbain, rural) et les régions. L’enquête réalisée par l’INSTAT, avec le FNUAP qui a piloté cet exercice ardu et vital pour le pays, a permis  la mobilisation de moyens financiers et humains exceptionnels, notamment plusieurs secteurs de l’administration nationale et des régions depuis la conception jusqu’à la publication. Elle  a été financée par plusieurs partenaires techniques et financiers dont UNFPA, le PNUD, l’UNICEF, le PAM, UN Women, la Banque Mondiale et la BAD. Toutes les agences du système des Nations Unies et leurs partenaires ont contribué  à la  validation des données.

Fatma Samoura, Représentante résidente du PNUD, Extrait du discours à l'occasion du du lancement du Rapport d’enquête de suivi des OMD 2012-2013

Situation globale en 2010


"L'analyse des indicateurs des OMD montre que les progrès enregistrés pour l'ensemble des objectifs demeurent faibles ou insuffisants au regard de l'ampleur des défis. Ces progrès sont lents et, pour certaines cibles, notamment celle relative à l'éradication de la pauvreté extrême et de la faim (Objectif 1), un net recul est observé. En effet, la pauvreté s'est aggravée entre 2005 et 2010 et aujourd'hui plus de trois personnes sur quatre vivent en dessous du seuil de pauvreté nationale. Quant aux succès enregistrés, ils concernent surtout la réduction des disparités entre les filles et les garçons dans l'éducation primaire. Cependant la parité dans les fonctions électives et postes de direction est encore loin d'être atteinte (Objectif 3). Le VIH/Sida (Objectif 6), dont le taux de prévalence est de 0.2% en 2010, est sous contrôle. En revanche, l'universalisation de l'éducation primaire (Objectif 2), l'amélioration de la santé maternelle (Objectif 4), deux cibles qui semblaient pourtant être à la portée du pays, ainsi que la durabilité de l'environnement (Objectif 7) ne seront vraisemblablement pas atteintes en 2015.

En effet, la crise sociopolitique dans laquelle le pays est plongé depuis la fin 2008 a brisé l'élan de progrès vers l'atteinte des OMD et sérieusement compromis les efforts réalisés entre 2005 et 2008. Les premières conséquences de cette crise ont été la désorganisation de l'économie, la dégradation de la gouvernance administrative et la démotivation des agents administratifs, suite à la réduction drastique des flux d'aide publique au développement et des recettes fiscales de l'Etat. Les services sociaux ont été particulièrement affectés par cette situation avec les coupes sombres opérées dans les budgets des secteurs de l'éducation, de la santé, de l'eau et de l'énergie. Les contre-performances internes ont été accentuées par le contexte international difficile, marqué notamment par la crise financière internationale, la flambée des prix des denrées alimentaires, la hausse des prix des produits énergétiques et les effets des changements climatiques.

Les perspectives de sortie de la crise sociopolitique malgache offrent une opportunité pour un nouveau départ, qui exigera la définition de nouvelles politiques centrées sur le développement et appuyées par une coopération internationale forte et appropriée. Il nous appartient en tant que partenaires techniques et financiers de Madagascar de soutenir les efforts de relance économique et de stabilité sociale menés par les autorités malgaches afin que l'atteinte des OMD se matérialise progressivement et qu'elle renforce plus durablement la stabilité sociopolitique de la Grande Ile."

Fatma Samoura, Représentante résidente du PNUD, dans l'avant-propos et remerciements du Rapport national de suivi des OMD 2010