A propos de Madagascar

Introduction

Village rural d'Ambodipaiso, Antananarivo

Madagascar, île de l’Océan Indien, s’étend sur une superficie de 590 000 km². Estimée à 23 millions d’habitants en 2014, la population malgache est jeune. En effet, 50% de cette population à moins de 20 ans. Les femmes représentent 50,6% de la population totale et la taille moyenne d’un ménage est de 5,2 personnes. Selon le milieu de résidence, 78% de la population réside en milieu rural et 22% en milieu urbain.

Situation politique

Après 4 années de crise sociopolitique et économique qui a perturbé le cours de la vie politique, sociale et économique du pays, la mise en place des institutions démocratiques, notamment le Président de la République, le Gouvernement et l’Assemblée Nationale issu d’élections libres, apaisées et crédible tenues en 2013 marque le retour de Madagascar à l’ordre constitutionnel.

Des changements positifs au niveau politique ont été visibles en 2015 avec le démarrage du fonctionnement des institutions démocratiques mises en place en 2014, la nomination d’un nouveau Premier Ministre et du second gouvernement post-transition. L’organisation des élections locales et sénatoriales apaisées,  l’adoption de la politique de décentralisation, la tenue des assises sur la réconciliation nationale avec la participation des anciens Présidents, et de près de 2000 délégués, l’organisation d’une consultation nationale pour l’élaboration de la lettre de politique sur la réforme du secteur de la  sécurité ont été les étapes marquantes de l’année 2015.

Par ailleurs,  l’institution par le nouveau Gouvernement d’une initiative de résultats rapides de deux fois 100 jours a permis de renforcer la culture du résultats. Le lancement des consultations nationales sur les ODD et l’agenda post 2015, et la participation de Madagascar aux grandes rencontres internationales sur le développement durable (conférence sur le financement du développement, l’Assemblée Générale des Nations Unies sur les ODD et le sommet de Paris sur le Changement Climatique) ont contribué à repositionner le pays sur la scène internationale et à prendre en compte les préoccupations des populations dans les politiques de développement. Toutefois, les tentatives de déchéance du Président et de censure du Gouvernement ont fragilisé la situation politique, limité la capacité de l’Etat à mener des réformes prioritaires en matière de gouvernance et de politiques de développement et compromis la réalisation des investissements majeurs dans les secteurs sociaux, de l’environnement et de création d’emplois, un pacte de stabilité et de responsabilité a été conclu entre les parties prenantes.

Situation économique

Campagne Stand Up against Poverty 2009, Alasora

Sur le plan économique, la volonté du l’Etat malgache de reprendre le chemin de la croissance économique a été marqué par l’adoption par le Gouvernement du Plan National de Développement (PND) en 2014, qui représente la déclinaison à moyen terme des défis et orientations stratégiques de la Politique Générale de l’Etat (PGE), dont l’objectif principal est d’asseoir une croissance forte, durable et ayant des répercussions sur les couches vulnérables, afin d’améliorer les indicateurs de développement.

Après un niveau de croissance très faible (0,7% en 2011), la situation macroéconomique s’est légèrement améliorée à partir de 2013 avec un taux de 2,3% du PIB et un niveau stagnant à 3% en  2014 et 2015, néanmoins en moyenne la croissance macroéconomique (2,3 % en moyenne entre 2010 et 2015) reste toujours largement en dessous de la croissance démographique (2,8% en moyenne), et traduit une baisse du revenu par tête de la population.

En dépit de la reprise du dialogue avec les bailleurs de fonds, notamment le retour du Fonds Monétaire International (FMI) avec l’obtention du deuxième décaissement au titre du Facilité de crédit rapide en novembre 2015, les aides obtenues par le pays ont tardé à venir et restent insuffisantes pour faire face aux difficultés que rencontrent le pays, en matières d’investissements, d’infrastructures, d’énergies et de services sociaux de bases. La stabilité  macroéconomique (inflation, niveau de la dette, taux de change, etc…)  a été maintenue au cours des cinq  dernières années au prix d’une  réduction massive des dépenses publiques, avec un impact négatif sur la capacité de l’Etat à améliorer l’efficacité du secteur publique au niveau central et des collectivités locales et à assurer la relance de la croissance et de l’emploi. 

Cette situation n’a pas permis d’endiguer la dégradation de la situation socioéconomique de la population dont les trois quarts vivent en dessous du seuil de pauvreté, et qui a été confirmé par la non achèvement de Madagascar de l’atteinte des OMD

Cette situation a été traduite par un recul de la classification du pays dans l’Indice de Développement Humain (IDH). Madagascar est passé du 149ème rang sur 162 pays en 2010 au 154ème rang sur 188 pays en 2014, ce en dépit d’une très légère progression de l’indice de développement humain qui est passé de 0,435 à 0,510 dans la même période.

Défis du développement

 Les femmes bénéficiaires de l'appui au renforcement des moyens de subsistance durable à Milenaka, Toliara

En 2014, le PNUD a élaboré son nouveau document de programme de pays 2015-2019 ainsi que son plan d’action qui s’inscrit dans un contexe où Madagascar a aussi finalisé le plan de mise en œuvre (PMO) du Plan National de Développement (PND) 2015-2019.. L’avènement des nouveaux défis de développement à travers les objectifs de développement durable (ODD) qui devront être mise en ouvre cette année 2016 marque aussi une étape importante et un nouvel ère en matière lutte contre la pauvreté et des inégalités.

Ainsi, compte tenu de la situation socio-politique et économique qui prévaut à Madagascar, le contexte de mise en œuvre de l’assistance du PNUD doit tenir compte de l’effet conjugué de la faible mobilisation des recettes fiscales et douanières, de la baisse progressive de l’aide internationale qui impacteraient la fourniture globale des services sociaux de base, à la réalisation des droits humains, à l’augmentation de la pauvreté et du niveau de vulnérabilité des couches les plus défavorisées de la population, de même qu’une diminution du niveau de la préparation et de la capacité de réponse dans les cas de catastrophes, ainsi qu’à l’impossibilité d’entreprendre plusieurs activités de développement et le recrudescence de l’insécurité. Ainsi pour 2016, mise à part la réalisation des activités prévues dans le Plan d'action de programme pays entre le gouvernement de Madagascar et le PNUD (CPAP) 2015-2019, le PNUD, au même titre que d'autres partenaires techniques et financiers du pays, va appuyer le gouvernement à organiser la première conférence internationale des bailleurs de fonds et des investisseurs pour la mobilisation de $3 milliards d’aide publique au développement, et de fournir des assistances techniques ciblés pour aider le gouvernement à mobiliser les ressources intérieures, mais aussi dans l’optique d’améliorer l’allocation des dépenses publiques dans les secteurs prioritaires (agriculture, infrastructures, éducation et santé) en vue de l’atteinte des ODD.